LYHANNA, UN SCANDALE D’ÉTAT
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Lyhanna est une enfant de 11 ans qui a été enlevée après avoir quitté son collège puis a été assassinée dans le Gers. Son corps a été retrouvé dans le silo d’une coopérative où avait travaillé le principal suspect : Jérôme Barella, 41 ans.
Pourquoi l’affaire Lyhanna est un scandale d’État ? Avant d’être suspecté dans cette affaire, Jérôme Barella avait fait l’objet de pas moins de 9 procédures, parmi lesquelles : une plainte pour viol sur une enfant de 7 ans classée sans suite, plusieurs signalements d’un organisme américain (NCMEC) concernant des activités pédopornographiques en ligne et la plainte déposée pour viols par la mère de Rosa.
En effet, en août 2025, la mère de Rosa, 10 ans, porte plainte pour des violences sexuelles répétées sur son enfant entre 2024 et 2025. Malgré la demande de la procureure d’Auch, le suspect ne sera jamais auditionné par la police. La mère de Rosa explique qu’elle appellera tous les lundis et finira par entendre de la part des forces de l’ordre : “si vous continuez à nous appeler madame, nous allons déposer une main courante contre vous”.
Le 9 juin, la mère de Rosa porte plainte contre l’État et le ministre de la Justice Gérald Darmanin pour faute lourde. Cette plainte contre l’État s’inscrit dans la longue liste des plaintes contre et des condamnations de l’État français pour inaction et manquements dans les affaires de violences sexuelles. La dernière condamnation remonte à septembre 2025, par la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH).
Nous allons être très clair·es : chez Victoires Populaires, nous soutiendrons en 2027 le programme qui a le plan le plus ambitieux en matière de lutte contre les violences sexuelles faites aux enfants et aux femmes. Cela ne peut plus durer.
Mobilisation et pétition
L’affaire Lyhanna, il y en a tous les jours. C’est l’injustice de trop, comme le dénonçaient les collectifs enfantistes et féministes appelant aux rassemblements lundi 8 juin devant de nombreux palais de Justice en France. Plusieurs dizaines de milliers de personnes, essentiellement des femmes et des enfants (dont il s’agissait parfois de la première participation à un rassemblement populaire) ont répondu présent·es.
Des viols d’enfants ? L’État répond avec de la répression policière. Dans de nombreuses villes – et dans la continuité de la politique répressive menée par les ministres de l’Intérieur d’Emmanuel Macron – les participant·es dénoncent des violences policières.
À Paris, c’est la honte. Lundi 8 juin, le rassemblement pacifique demandant une loi intégrale contre les violences sexuelles, auquel participent de nombreuses personnalités (Flavie Flament, Lio, Anna Mouglalis, Jamel Debbouze) – que la préfecture avait interdit puis finalement toléré – finit très mal. Vers 21h, les forces de l’ordre décident de chasser la foule pourtant sur le départ. La réalisatrice et militante Andréa Bescond est malmenée et mise en garde à vue. Elle questionne à juste titre : “pourquoi celles qui dénoncent les viols d’enfants se retrouvent en garde à vue quand tant de pédocriminels n’y sont jamais allés ?”
Darmanin, démission. Depuis 2 semaines, le ministre de la Justice, lui-même accusé de viol en 2009, multiplie les incohérences. Il déclare vouloir sanctionner la procureure d’Auch (actuellement sous protection policière suite à sa déclaration) et exige, d’ici le 14 juillet, l’étude des 70 000 dossiers de violences sexuelles sur mineur·es (comme si c’était faisable) dans tout l’hexagone.
Gérald Darmanin ment à de nombreuses reprises, à la fois concernant les circulaires qu’il aurait envoyées mais aussi sur les moyens : à Paris par exemple, la brigade des mineur·es est passée de 80 à 100 personnes seulement (!) en 5 ans, quand les plaintes pour violences sexuelles ont explosé.
3 procureur·es pour 200 000 habitant·es : bienvenue dans le Gers. La moyenne européenne pour un territoire de cette taille, c’est 22 procureur·es. 3, c’est largement insuffisant, comme avait d’ailleurs déjà alerté le député du Gers David Taupiac en avril 2025. Le gouvernement savait.
Une Justice à bout de souffle. Il manque actuellement 5702 procureur·es en France pour atteindre la moyenne européenne – vu qu’il n’y en a que 2227 aujourd’hui en France. Depuis 10 ans, la macronie abîme toujours plus les services publics dont la Justice, alors que les plaintes pour violences faites aux enfants et aux femmes explosent. Ce système doit changer.
Enfin : où sont les hommes ? Pour dénoncer les violences faites aux enfants et aux femmes et descendre dans la rue. C’est comme si le sujet ne les concernait pas, eux qui sont pourtant entourés de femmes et d’enfants, qui ont eux-mêmes été enfants voire violentés. Il va falloir commencer à se saisir de ce sujet.
Signons la pétition lancée par la Fondation des Femmes pour une loi intégrale contre les violences sexuelles. Si le gouvernement est capable de débloquer 23 milliards pour l’Armée, il peut probablement trouver 3,5 milliards pour empêcher qu’un enfant soit violé toutes les 3 minutes.
Rendez-vous tous les lundis à 19h devant les tribunaux de France et place Vendôme à Paris, jusqu’au vote de la loi intégrale et de son budget.
On compte sur vous, cette situation intolérable doit cesser.
© Adnan Farzat / Nurphoto
