Ce qu’on retient des municipales 2026… et maintenant ?

Alliances à gauche, mobilisation citoyenne, course vers 2027

De janvier à mars, dans toute la France, des milliers de citoyen·nes se sont mobilisé·es pour gagner ou préserver leurs municipalités. Consultez notre article Municipales 2026: on a tout donné!


Nîmes, Agen, Saint-Étienne, Pau, Le Blanc-Mesnil, Roubaix, Amiens, Mantes-la-joie, Nancy, Paris, Lyon, Marseille…Dans chacune de ces communes , chaque victoire est le fruit de dizaines de milliers de conversations, d’appels à voter, de mails, de textos, du phoning et d’actions sur terrain.


Les municipales de 2026 ont démontré que , lorsque les forces de gauche s’unissent, elles peuvent faire céder des bastions jusque-là considérés comme acquis à la droite et à l’extrême droite. Cependant, elles révèlent également nos faiblesses : divisions internes, tensions entre les listes, alliances parfois fragiles…

Plus que jamais, la question qui se pose aujourd’hui est : que faisons-nous de cet élan, et comment le transformer en victoires prochaines à gauche ??

Une campagne de milliers d’élans

On l’a vu ! La gauche n’est pas un simple alignement de partis, c’est avant tout une multitude de collectifs , de bénévoles, de militant·es et voisin·es qui refusent la résignation. Chez Victoires Populaires, notamment via nos campagnes de lutte contre l’abstention et notre campagne de rentrée CHAQUE VOIX COMPTE, nous nous sommes formées sur le terrain, en tractage et porte-à-porte, bien avant le lancement officiel de la campagne des municipales.


À chaque victoire, dans les grandes villes comme dans les moyennes, la dynamique reste la même : personne ne gagne seul. Chaque réussite découle d’une succession d’actions menées par des collectivités locales : appels téléphoniques passés le soir après le travail, des mails relus avec attention, des contacts partagés, d’une chaleur humaine palpable, parfois de doutes, mais plus important, des moments forts de fierté collective.

Conquérir des villes ? c’est possible !

Ces municipales 2026 ont été un test crucial pour la gauche : fallait-il accepter la progression de la droite et de l’extrême droite dans certaines communes, ou pouvait-on encore conquérir d’autres territoires, même là où tout le monde prédisait une défaite ? La réponse s’est avérée claire dans de nombreuses villes: OUI, il est possible de l’emporter, à condition de s’unir, de s’organiser et de s’adresser concrètement aux citoyen·nes. Les enjeux locaux, les conséquences du déni climatique, la précarité, la crise des services publics, le poids des grandes entreprises, tout cela influence les choix des électeur·ices bien au-delà des simples étiquettes partisanes.

 

La véritable leçon de ces municipales, c’est que la gauche ne l’emporte pas simplement grâce à de beaux discours, mais lorsqu’elle est profondément ancrée sur le terrain, dans les quartiers, au sein des comités locaux, des associations, et qu’elle élabore des projets répondant aux besoins réels des habitant·es. C’est précisément ce que Victoires Populaires cherche à soutenir et accompagner, en créant un réseau de groupes locaux, d’outils et des méthodes de mobilisation citoyenne.

L’unité à gauche?

Les alliances ne se décrètent pas, elles se construisent sur le long terme.

Les appareils partisans ont souvent freiné les aspirations populaires, hésitant entre la défense de programmes de rupture et une stratégie électorale pragmatique capable de l’emporter. On a vu des listes se former trop tard, des convergences bloquées par des enjeux de positionnement, et des listes de gauche fragmentées alors que la droite et l’extrême droite s’alliaient !


Les municipales 2026 nous révèlent que la gauche ne peut pas se contenter de se positionner sur le “fond”, c’est-à-dire défendre seulement ses idées, mais elle doit également travailler sur la forme collective. Cela implique de définir des convergences programmatiques, des postures de coopération, et une représentativité des candidat·es qui donnent envie de se rassembler. Autrement dit, la question ne se limite pas seulement à : quelle est notre ligne politique ? mais aussi : quel type de mouvement voulons-nous bâtir ? quel degré de confiance, de respect et de solidarité sommes-nous prêt·es à instaurer entre nous ? C’est cette confiance qui va permettre, dans des moments cruciaux, de se soutenir mutuellement, de s’unir et d’éviter la division face à l’adversaire.

L’ abstention : un frein à une victoire de la “gauche?”

Un autre enseignement important des municipales 2026 : l’abstention n’as jamais été aussi élevée, hors période de crise sanitaire. Avec 44% au premier tour et 42% au second, près de la moitié des électeurs ne se sont pas déplacés. La raison principale est connue : un doute profond sur la capacité du vote à changer concrètement la vie. Cela implique que la majorité des habitant·es ne se reconnaissent plus dans les options qui leurs sont proposées, ou n’y croient pas, ou encore ne se sentent pas concerné·es.

 

Pour diminuer cette abstention, il faut une mobilisation citoyenne organisée et unie, capable de reconnecter les individus à la politique hors période électorale. Cela implique des réunions publiques, des rencontres de quartier, des discussions informelles, des formations, des actions sur le terrain, des espaces où les gens peuvent se rassembler, échanger et se sentir appartenir à un même projet… Et nous voulons prendre part activement à ce processus, en agissant sur le terrain, mais aussi en ligne !

 

Les jeunes, en particulier, sont souvent perçus comme désintéressé·es, alors qu’iels se trouvent au cœur des enjeux : logement, emploi, climat, éducation, justice sociale… Pourtant, à chaque élection, les groupes sociaux les plus précaires, notamment les jeunes, qui votent moins, non pas par manque d’intérêt, mais par déception, méfiance et sentiment de ne pas être réellement pris en compte. C’est là que la mobilisation citoyenne devient essentielle : elle ne doit pas seulement servir à remporter les élections, mais aussi à bâtir une culture politique où les citoyen·nes se sentent capables d’agir, de proposer, de décider et de contester.

Le vrai marathon commence maintenant

Les municipales 2026 ne marquent pas la fin d’un cycle mais plutôt une étape dans un marathon électoral plus long. Dès septembre 2026, la moitié du sénat sera renouvelée. Or, ce Sénat, qui aujourd’hui adopte toutes les lois du pays, refuse souvent d’adopter les textes progressistes visant à protéger nos libertés et nos biens communs. Ensuite, en avril 2027, débarquent la présidentielle puis, rapidement après, les législatives. 


Sur toutes ces échéances, le danger que court la gauche est de rester enfermée dans des querelles internes, de se focaliser sur ces divisions alors que la droite et l’extrême droite continuent à se rapprocher et à partager des territoires. Or, pour gagner, la gauche doit apprendre à unir sa diversité (social-démocratie, écologie, socialisme radical, mouvements féministes, antiracistes…) autour d’un socle commun mobilisateur.

Une feuille de route pour la suite

Sur cette route vers la victoire de la « gauche », nous devons marcher main dans la main, avec un projet politique ambitieux et une stratégie politique capable de gagner. Pour y arriver, il faut prendre le temps de travailler sur des éléments essentiels :


Définir nos lignes rouges, tant sur le fond que sur la forme: préciser ce qui nous est essentiel; défendre la justice sociale et écologique, protéger les services publics ainsi que les personnes les plus vulnérables.

Créer les ponts nécessaires à la construction d’un projet collectif : créer des espaces de dialogue entre les différentes sensibilités de gauche, afin d’apprendre à se connaître, à se comprendre et à se faire confiance.

Créer une mobilisation citoyenne organisée et solidaire : créer des liens qui ne se réveillent pas uniquement lors des élections, mais qui perdurent hors période électorale.


Alors, quelle suite pour la gauche ?  La réponse, c’est, entre autre, nous ! Construisons la suite, ensemble !